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Où sont passés nos habitants ?

 

Savez-vous que notre commune a perdu ces dernières années plusieurs centaines d’habitants ? Mais où sont-ils donc passés ?

De savantes « études » bien chères, menées par de respectables démographes à grand renfort de statistiques, nous produiraient des pages et des pages sur le sujet sans que nous soyons certains d’y comprendre quelque chose.

Mon sens commun, pour ne pas dire ma petite « jugeote » qui a pu fonctionner au quotidien pendant 40 ans au contact des habitants de la ville en y exerçant ma profession, donne une réponse à cette grave question.

Auparavant, je dois faire un petit historique de notre COULOUNIEIX-CHAMIERS. « Historique », non d’un historien, mais juste quelques souvenirs de quelqu’un qui a bien aimé écouter, parler et soigner les habitants de CHAMIERS de 1972 à 2011 et qui a partagé leur cadre de vie.

Il y a 50 ans, tous les anciens le diraient, CHAMIERS c’était une « ville champignon ». Les ruelles tracées par un employé communal (M. PUGNET) se remplissaient à vue d’œil. Toutes sortes de maisons se construisaient partout et même parfois à proximité des vielles fermes laitières. C’était souvent des lots modestes d’à peine 10 ou 15 m de large sur la rue. Cette diversité dans les constructions a imprimé la trace que l’on ressent encore aujourd’hui de l’enthousiasme pour l’endroit dans ces années là. Des couples déjà lancés dans la vie. Souvent sans l’aide financière des banques, ni l’emprunt à taux zéro. Tout provenant de la famille ou des économies, mais de l’énergie à revendre et l’envie immodérée d’habiter enfin chez soi en se réservant beaucoup à faire par soi- même… En 70 les rues grouillaient de gamins à vélo ou sur des roulettes, et les mères

« voisinaient »avec les poussettes à la main le dimanche…

Il y a 50 ans, en face de la Pharmacie GRANGER de l’autre côté de la Nationale, c’était l’école Jules Vernes et au-delà un vaste champ de course désaffecté. Ce qui faisait dire à ce Pharmacien malicieux et très populaire , non sans un peu de fierté, qu’il fallait « être un peu fou » à l’époque pour s’être posé au milieu des prés. Ce qu’il ne disait pas c’est que très vite, sur ce qui a été aussi un terrain d’aviation au début du siècle, les grues et engins de terrassement sont arrivés et se sont mis au travail de façon grandiose. Il s’agissait de reloger les quartiers démolis de PERIGUEUX : un gros cadeau démographique en quelque sorte pour CHAMIERS. Dans les années 70 les politiques et aussi les populations se sont divisées sur l’opportunité d’un rattachement à la grande ville. Ce faisant, la population qui nous intéresse aujourd’hui, continuait de croître et d’embellir. CHAMIERS, sans COULOUNIEIX encore campagnard, c’était « craquant » pour le visiteur qui se perdait dans toutes ces ruelles en 70… Et en dehors de l’avenue du Général de Gaulle, dont à peu près rien n’a changé, même pas les éternels poteaux en béton et les six câbles au dessus de nos têtes, CHAMIERS c’était jeune.

Il y a 50 ans aussi, les immeubles collectifs se remplissaient de rapatriés d’Algérie, d’employés SNCF, de cadres administratifs souvent avec des familles dites « nombreuses ». Les terrains de jeux sur l’arrière le Mercredi ne ressemblaient pas à ce que nous voyons aujourd’hui. La cité respirait avec sa jeunesse. La ville se dotait tant bien que mal des structures adaptées à cet essor… Stade, crèches, écoles, foyers, etc. Puis l’argent a commencé à manquer et des emprunts furent contractés…

Pendant ce temps les zones industrielles de MARSAC, TRELISSAC, BOULAZAC, explosaient… Chez nous, ce n’était que M. JAUMOUILLÉ, LE P’TIT MITRON, M. MAZEAU, tous bien sympathiques, sans oublier les « TROIS S » …

Mais pourquoi donc cet élan de notre « ville champignon » ne s’est-il pas prolongé jusqu’à nous ? C’est bien le cœur de la question.

Les élus se sont mis à devenir des gestionnaires. Il y avait des besoins importants dans la population, et c’était bien le rôle d’une mairie d’y répondre en créant toutes sortes de bureaux, de locaux et de postes d’employés communaux. Ce travail ils l’ont fait, je dirais tellement bien, que le reste a été délaissé. Plus de projet, plus de vision d’avenir, plus de rénovation, plus de suivi, plus d’entretien, juste de la petite semaine et du provisoire urgent.

Le résultat, peu d’années après, ce fut une commune dégradée avec des rues qui n’ont jamais été terminées où on laisse aujourd’hui encore les riverains patauger. À partir de la rue JEAN
DUMAS nous disait-on : « c’est comme ça, c’est sans bordure ni trottoir après c’est COULOUNIEIX, les trottoirs s’arrêtent là ! ». Ensuite, qui n’a pas rouspété à cause des ornières persistantes après les pluies et le gel en attendant les rustines parfois longtemps attendues ; qui n’a pas déploré des bouches d’assainissement obstruées signant un réseau mal entretenu voire inexistant ; des éclairages installés au compte-goutte, ou dont la vétusté, comme sur l’avenue du Général de Gaulle avec ses six câbles qui fêtent leurs 70 ans, reste inexplicable ; qui n’a pas remarqué des « espaces communaux » délaissés, à peine fauchés 2 fois l’an…etc.

Pendant ce temps les enfants partis du nid vont travailler à Paris ou ailleurs. Ils reviennent souvent le week-end en remplissant trains et gares, mais finissent par se fixer ailleurs. Loin, dans d’autres banlieues des grandes villes, ou moins loin à COURSAC, à CHANCELADE, à MARSAC, là où le terrain est bon marché, et où les impôts sont aussi légers que l’air que l’on respire.

À COULOUNIEIX on ouvre une classe dans le primaire, mais à CHAMIERS on en ferme deux. Puis on ferme par économie l’école JULES-VERNE. Personne n’a l’air de se poser de questions. Tant que les ateliers SNCF restent ouverts, tant que les habitants continuent à bien dormir dans les HLM comme dans les « beaux quartiers », il n’y a pas à se poser de question. La cité dortoir de COULOUNIEIX- CHAMIERS fonctionne. Et la route nationale ne s’est-elle pas débarrassée comme par enchantement de tous ses gros camions ?

Mais voilà que poussent des pyramides sur les ronds-points, qu’est rénové un château majestueux pour loger nos associations, qu’est achetée et dérouillée une locomotive pour les nostalgiques et les autres… que, comme à VERSAILLES, on installe une fontaine contre les marches de la Mairie ! « Tout ce qui se voit », dit-on alors.

Mais que faire pour freiner cette baisse de la démographie et « vendre » notre commune à de nouveaux arrivants comme l’ont fait CHANCELADE ou CHAMPCEVINEL, TRÉLISSAC ou BOULAZAC ?

Les appartements de la cité HLM devenus trop grands du fait du départ des enfants, se vident. Peu de couples veulent s’y installer. Mais à leur place on y installe vite fait tous les déshérités et démunis de l’agglomération, au milieu desquels subsistent quelques malheureuses personnes âgées isolées,

arrivées là il y a longtemps. Mais personne n’envisage une seconde la réorganisation de la cité HLM, ni l’aménagement des hectares du bas CHAMIERS…

On fait plutôt un joli bourg à COULOUNIEIX bien fleuri. On vend à des promoteurs peu scrupuleux des terrains avec vue plongeante sur des centaines de pavillons situés juste au-dessous, lesquels
perdent ainsi leur attrait et leur valeur. Mais même là dans ces collectifs neufs, nombre de ces
« appartements de défiscalisation », ne trouvent pas facilement de locataire. On a du mal à les remplir dans ce bourg démuni de commerces et bien éloigné de la ville. Et la population continue à fuir…

Dernière trouvaille, on va faire comme les promoteurs. On va gagner de l’argent : à PUYBOURNET ce sera un lotissement. Pour cela on emprunte des millions d’euros sur des années, avec l’espoir de revendre avec de gros bénéfices bien sûr. Voilà qui va rapporter très vite de la taxe locale ! 65 lots ça peu rapporter gros une fois les fissures des maisons voisines indemnisées…

Mais il faudra les vendre ! Il y a fort à parier que dans 30 ans il y en aura encore à vendre. Qui achètera 200 M2 de terrain : 13 000€ ?

Le malheur, c’est que Monsieur le Maire actuel qui ne parcourt pas souvent sa commune (sinon il aurait aperçu entre autres l’état de la rue Gustave EIFFEL devant EMMAÜS), n’a pas trop de goût ni d’idée pour cette affaire de fuite de population.

Il préfère creuser la dette lui aussi et monter nos impôts déjà au taquet. Tiens, mais ça me rappelle quelque chose…

La réponse à la question du début, la voilà : « Trop d’impôt tue l’impôt, et les Colomniérois, restent maussades ».

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